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Cinq minutes avec le Dr Elizabeth Kehoe

Dr Elizabeth Kehoe Dr Elizabeth Kehoe

Le Dr Elizabeth Kehoe est chercheuse au Trinity College de Dublin dans le cadre du projet NeuroSKILL.

 

Comment en êtes-vous arrivée à recherche sur le cerveau ?

J'ai toujours était passionnée par la relation entre le cerveau et l'esprit. J'ai étudié la psychologie, puis j'ai fait un doctorat et je me suis intéressée à la façon dont les gens maîtrisent leurs émotions et établissent des priorités entres celles-ci à mesure qu'elles vieillissent. Nous avons demandé à des volontaires de regarder des images qui évoquent des émotions et, grâce à l'imagerie du cerveau, nous avons mesuré les changements dans une zone du cerveau appelée l'amygdale. Nous avons constaté qu’en général, chez les personnes plus âgées la réponse était moins intense. 

Après cela, je suis restée au Trinity College, j’ai travaillé avec le professeur Arun Bokde et je me suis engagée dans le projet sur lequel je travaille maintenant.

 

À quoi travaillez-vous ?

Je travaille sur NeuroSKILL, un projet collaboratif impliquant des chercheurs en l'Irlande et au Pays de Galles, qui cherche à promouvoir l'emploi et l’utilité de l'imagerie cérébrale dans la démence, ainsi qu’à sensibiliser les cliniciens à cette technique. Nous utilisons des technologies pour prendre des images du cerveau vivant chez des personnes qui ne présentent pas de signes cliniques de démence précoce, ni de déficience cognitive légère. 

En tant que chercheuse, ce dont je me sens le plus responsable est d'affirmer clairement que nous ne fournissons pas un diagnostic clinique, nous faisons de la recherche ; mais les personnes sont généralement heureuses de participer volontairement à l’étude, cela leur donne une base d'information. Pour notre part, nous espérons découvrir comment les changements qui s’opèrent dans ces réseaux neuronaux sont liés à la performance cognitive d'une personne, ou si la personne compense, d'une façon ou d'une autre. Grâce au projet NeuroSKILL [auquel participent le Trinity College de Dublin, l’University College de Dublin et l'Université de Bangor] nous organisons des ateliers d'imagerie cérébrale pour les professionnels de la santé afin qu'ils sachent comment utiliser cette technique, et nous faisons en sorte qu’il soit plus facile d'interpréter les données ainsi recueillies. 

Nous espérons que notre travail aidera les cliniciens à appliquer l'imagerie cérébrale à leurs patients. S'il était possible détecter chez une personne dans la cinquantaine ou la soixantaine des changements du cerveau associés à la démence précoce, alors elle serait en mesure de ralentir la progression de la maladie en changeant son style de vie, ou peut-être grâce à des traitements futurs, et peut-être qu’elle pourrait mieux assumer ce fardeau à mesure qu'elle vieillit. 

 

Avez-vous changé votre mode de vie en fonction de ce que la recherche montre sur la santé du cerveau ?

J'essaie d’avoir un style de vie sain. Avoir une alimentation équilibrée, faire de l'exercice et boire de l'alcool avec modération sont autant de facteurs qui ont été liés à une meilleure santé, non seulement pour la démence mais aussi pour prévenir les maladies cardio-vasculaires et certains cancers. Cela m'a vraiment fait réfléchir sur l'importance d'agir raisonnablement et de garder une bonne santé, bien que ça ne soit pas toujours facile.

 

Si vous aviez une baguette magique et si vous pouviez faire bouger les choses au cours des cinq prochaines années, que feriez-vous ?

J'aimerais voir plus de validation des méthodes d'imagerie cérébrale afin que les professionnels de la santé puissent utiliser cette technique plus facilement pour comprendre la démence. Il y a tellement d'informations qui peuvent être recueillies et cette technologie est tellement peu utilisée.

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