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Cinq minutes avec le professeur Brian Lawlor

Professeur Brian Lawlor Professeur Brian Lawlor

Comment en êtes-vous arrivé à la recherche sur le cerveau ?

« Après des études de médecine en Irlande, j'ai suivi une formation de psychiatre et j'ai travaillé dans des centres de recherche spécialisés dans la maladie d'Alzheimer aux États-Unis, notamment à l'Hôpital Mount Sinai à New York. Puis, je suis retourné en Irlande en 1991 ».

 

À quoi travaillez-vous ?

« Mon premier sujet d'intérêt est la détection, le diagnostic et le traitement précoce de la maladie d'Alzheimer, mais aussi le traitement des symptômes comportementaux et psychologiques de cette pathologie. Je dirige actuellement un essai clinique financé par l'UE et baptisé NILVAD, pour voir si un médicament appelé « nilvadipine », déjà utilisé pour réduire l’hypertension artérielle, pourrait également servir à ralentir la progression de la maladie d'Alzheimer. Je travaille également à d'autres projets, afférents à la santé mentale des sujets âgés, tels que les facteurs de risque de dépression ».

 

Quelles tendances intéressantes avez-vous constaté récemment dans votre domaine ?

« Je pense que la société est de plus en plus sensibilisée à la maladie d'Alzheimer, et la craint de plus en plus. Quand nous avons ouvert la clinique spécialisée dans les troubles de la mémoire à l'Hôpital St James de Dublin, il y a plus de 20 ans, les malades nous parvenaient à un stade de déficience cognitive avancé, avec un diagnostic de démence établi. Maintenant, ils arrivent jusqu’à nous avec des troubles cognitifs plus légers, ou une pré-démence. La prévention de la santé du cerveau prend également de plus en plus d’importance. Des données épidémiologiques fiables indiquent qu’il est possible de prévenir la démence par la modification du style de vie. Les essais randomisés ne sont pas encore parvenus à le prouver définitivement, mais, à bien y regarder, beaucoup de données épidémiologiques liaient le tabagisme et le cancer du poumon avant que cela ne soit prouvé. Par conséquent, quand nous recevons des gens qui se plaignent de troubles cognitifs, d’une déficience cognitive légère, voire de démence, même si nous n'avons pas de preuves solides à l'heure actuelle, nous leur recommandons de modifier leur style de vie, car cela peut modifier la progression de la maladie. ».

 

Avez-vous changé votre mode de vie en fonction de ce que la recherche montre sur la santé du cerveau ?

« Probablement, sur la base des preuves dont nous disposons à ce jour, la meilleure façon de protéger le cerveau est l'exercice. J'ai toujours fait du sport. Je pratique le tennis depuis de nombreuses années et j’ai joué au niveau international il y a longtemps. En outre, je me rends au travail en vélo aussi souvent que je peux. Je fais donc beaucoup d'exercice. Je ne dirais pas que j'ai consciemment décidé de le faire pour protéger mon cerveau, mais c’est ainsi que les choses se sont mises en place, et je vais probablement continuer sur cette lancée ! »

 

Si vous aviez une baguette magique et si vous pouviez faire bouger les choses au cours des cinq prochaines années, que feriez-vous ?

« Je voudrais qu’il y ait davantage de soutien et de prise en charge pour les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer et pour leurs aidants. Je souhaiterais que des programmes structurés voient le jour dans des centres ambulatoires, où les gens pourraient avoir des activités et recevoir des soins individualisés, et que cela soit accessible à tous, sans listes d’attente. Le prestige de la recherche scientifique m’intéresse peu, ce que je souhaite c’est davantage de solidarité sociale. »

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